Partout où les romains se sont établis, ils ont laissé, avec la mémoire immortelle de leur grandeur et de leur gloire, de durables monuments de civilisation.
Cahors, Divona Cadurcorum, était une des villes les plus importantes de la Gaule ; elle était une des soixantes cités qui érigèrent à Lyon un temple en l’honneur d’Auguste. Aussi les conquérants l’avaient embellie, et de nombreuses antiquités de curieuses mosaïques rappellent presque à chaque pas le souvenir des maîtres du monde dans le pays de Luctérius.
Le portail des Thermes, que le public appelle le portique de Diane, dresse sa masse imposante dans un enclos qui appartenait aux religieuses de Sainte-Claire. Dans sa lettre à l’académie de Cortone, Lefranc de Pompignan dit qu’on a eu de la peine à empêcher la destruction de ce monument. Sœpius miseræ antiquitati in horto suo bellum indixere piæ virgines, portam que solo penitus aequare vuluerunt.
Les thermes s’élevaient au centre d’un plateau qui dominait la ville gallo-romaine. Un magnifique aqueduc dont on voit encore les traces près de Larroque-des-Arcs y amenait les eaux de la fontaine Polémie. De là, elles étaient dirigées vers le théâtre connu autrefois sous le nom de Cadourques et se répandaient dans toute la cité. Une splendide mosaïque, dont on n’’ conservé que le dessin, ornait l’intérieur de l’édifice qui fut probablement détruit, vers la fin du VI siècle, quand le farouche Théodebert ravagea tout le Quercy.
Nous avons remarqué avec peine que ce portail n’est pas classé parmi les monuments historiques. Le théâtre des Cadourques a disparu, le pont romain a été détruit parce qu’il était un obstacle pour la navigation, il e reste plus que les thermes pour marquer la trace du passage des compagnons de César.
C’est aux amis de l’antiquité à veiller sur ces précieuses ruines ; c’est à la municipalité Cadurcienne à prendre des mesures pour préserver ce témoin irrécusable de l’ancienneté et de l’importance de Cahors…